Rénover une maison ancienne : pourquoi adapter les travaux à l’existant ?
Vous avez un projet de rénovation de maison ancienne? Avez vous pensé à adapter les travaux à la maison ancienne que vous souhaitez rénover ?
Quand on se lance dans la rénovation d’une maison ancienne, une question revient très vite :
Quelle est la meilleure solution ?
- Quel isolant choisir ?
- Faut-il laisser les pierres apparentes ?
- Chaux ou ciment ?
- Comment traiter l’humidité ?
- Quel type de sol poser ?
- Quelle ventilation installer ?
Nous cherchons des réponses. C’est normal.
Et aujourd’hui, nous n’en manquons pas.
Livres, vidéos, forums, artisans, réseaux sociaux… chacun peut nous expliquer ce qu’il faudrait faire.
Le problème, c’est que deux personnes peuvent donner des conseils complètement différents et avoir toutes les deux raison.
Parce qu’il manque souvent un élément essentiel à la question :
De quelle maison parlons-nous ?
J’ai moi aussi cherché des réponses
Lorsque l’on porte soi-même un projet d’habitat, il est rassurant de trouver une solution.
Une technique éprouvée.
Un matériau recommandé.
Quelqu’un qui nous dit :
« Moi, j’ai fait comme ça et cela fonctionne très bien. »
Cette expérience est précieuse.
Mais elle comporte aussi un piège.
C’est une prise de conscience importante lorsqu’on devient bâtisseuse ou bâtisseur de son propre projet :
il n’existe pas une bonne manière de rénover.
Il existe des solutions adaptées à un bâtiment, à son histoire, à son environnement, à ses matériaux et aux besoins de ceux qui vont l’habiter.
Et cela change profondément notre façon d’aborder un chantier.
Une maison ancienne possède déjà son propre équilibre
Une maison construite en 1900 n’a pas été pensée comme une maison construite aujourd’hui.
Ses murs, ses sols, ses fondations et ses matériaux fonctionnent ensemble depuis parfois plus d’un siècle.
La pierre, la terre, la chaux, le bois ont leurs propres caractéristiques.
- Ils réagissent à l’eau.
- À la vapeur.
- Aux variations de température.
- À leur environnement.
Puis, au fil des décennies, la maison évolue.
- Une dalle ciment est ajoutée.
- Un mur est recouvert d’un enduit imperméable.
- Des fenêtres sont remplacées.
- Une ventilation disparaît.
- Un nouveau chauffage est installé.
Chacune de ces interventions vient modifier l’équilibre existant.
Parfois positivement.
Parfois beaucoup moins.
« Qu’est-ce que je veux mettre ? »
mais plutôt par :
« Qu’est-ce qui est déjà là et comment cela fonctionne-t-il ? »
Le matériau le plus performant n’est pas nécessairement le plus adapté
Cette idée peut sembler surprenante.
Nous sommes habitués à comparer les performances.
- Le meilleur isolant.
- La meilleure résistance thermique.
- Le produit le plus étanche.
- La solution la plus durable.
Pourtant, en rénovation, la performance d’un matériau pris isolément ne suffit pas.
Il faut observer comment il va dialoguer avec ce qui existe déjà.
Prenons simplement un mur ancien en pierre.
Pendant très longtemps, beaucoup de ces murs ont été rejointoyés ou enduits avec des matériaux permettant une certaine gestion de l’humidité.
Puis le ciment est arrivé.
- Solide.
- Résistant.
- Pratique.
- Sur le papier, il pouvait sembler être une amélioration.
Mais sa présence peut modifier les échanges d’humidité d’un mur ancien et participer, selon la configuration du bâtiment, à certains désordres.
Le problème n’est donc pas de décider que :
« le ciment est mauvais et la chaux est bonne ».
Ce serait remplacer une recette par une autre.
La vraie question est :
« De quoi ce mur a-t-il besoin ? »
Et pour y répondre, il faut d’abord comprendre comment il est constitué et ce qui se passe réellement.
Passer de la recette au raisonnement
Je crois que c’est l’un des apprentissages les plus importants lorsqu’on entreprend soi-même une rénovation.
Au début, nous cherchons souvent des recettes.
Puis progressivement, nous apprenons à nous poser des questions.
- Pourquoi ce mur est-il humide ?
- Pourquoi cet enduit se dégrade-t-il ici et pas ailleurs ?
- De quoi est composé le mur ?
- Qu’y avait-il auparavant ?
- Qu’est-ce qui a été ajouté ?
- Comment l’eau peut-elle entrer ?
- Comment peut-elle ressortir ?
- Que va modifier mon intervention ?
Nous passons alors de :
à :
« Aidez-moi à comprendre ce qui se passe pour que je puisse faire un choix éclairé. »
Et ce changement-là est immense.
Parce qu’il ne concerne plus seulement la maison.
Il change notre place dans le projet.
Comprendre ne signifie pas devoir tout savoir
C’est important.
Devenir actrice ou acteur de son projet ne signifie pas devenir maçon, thermicien, architecte, charpentier et plombier.
Nous aurons besoin de professionnels.
Et heureusement.
Mais lorsque nous comprenons suffisamment notre maison pour poser les bonnes questions, la relation avec les professionnels change.
Nous pouvons demander :
- Pourquoi me proposez-vous cette solution ?
- Qu’est-ce qui vous fait penser que l’humidité vient de là ?
- Quelles seront les conséquences de ce matériau sur le mur existant ?
- Existe-t-il une autre possibilité ?
- Quels sont les avantages et les limites de chacune ?
Nous ne sommes plus simplement destinataires d’une prescription.
Nous participons à la décision.
Et pour moi, c’est aussi cela, devenir bâtisseuse de son projet.
Voir, toucher, essayer change encore notre compréhension
Il reste pourtant quelque chose que les livres et les vidéos transmettent difficilement : l’expérience.
On peut lire pendant des heures comment préparer un mortier à la chaux.
- Puis un jour, on le touche.
- On sent sa consistance.
- On voit comment il adhère.
- On fait un premier geste maladroit.
- On recommence.
- On observe le résultat.
- Et soudain, certaines choses deviennent évidentes.
C’est exactement le principe que nous avons choisi pour les Immersions des 3 Cerisiers.
Nous voulons permettre d’observer, de questionner, de comprendre puis d’expérimenter.
Aux 3 Cerisiers, le rejointoiement n’est qu’une partie de l’histoire
Lors de notre prochaine immersion, nous allons effectivement mettre les mains dans la matière.
Nous travaillerons sur le rejointoiement de murs anciens à la chaux.
Nous souhaitons que les participants repartent en pensant :
« Maintenant, je sais rejointoyer un mur. »
Mais aussi, nous aimerions qu’ils repartent avec quelque chose de beaucoup plus précieux :
« Maintenant, je sais que je dois comprendre mon mur avant de décider comment intervenir dessus. »
Le rejointoiement devient donc un terrain d’expérimentation.
- Autour de ce mur, nous allons observer.
- Comparer ce qui existait et ce qui a été réalisé.
- Comprendre pourquoi certains matériaux ont été choisis.
- Manipuler.
- Essayer.
- Observer le résultat.
- Et revenir à la compréhension.
Parce que le geste prend tout son sens lorsqu’on sait pourquoi on le fait.
Et ensuite, revenir à votre propre maison
C’est probablement la partie de cette immersion qui me tient le plus à cœur.
Les 3 Cerisiers ne doivent pas devenir « la maison modèle ».
Ce serait exactement l’inverse de ce que nous souhaitons transmettre.
Cette maison est un cas réel dont nous pouvons apprendre.
- Votre maison aura une autre histoire.
- D’autres matériaux.
- D’autres désordres.
- D’autres contraintes.
- Et peut-être d’autres solutions.
L’objectif sera de revenir à cette question :
« À la lumière de ce que je viens de vivre et de comprendre ici, qu’est-ce que je vais maintenant regarder différemment dans mon propre projet ? »
C’est à cet endroit que l’expérience devient véritablement utile.
Elle ne donne pas une recette à reproduire.
Elle donne des repères pour décider.
Deux regards pour éclairer un même projet
C’est aussi pour cette raison que Frédéric LP de Conception-Bioclimatique.fr et moi, Carole des Femmes Bâtisseuses, avons choisi d’animer ces immersions ensemble.
Car derrière chaque décision technique, il y a une personne qui doit :
- Choisir.
- Prioriser.
- Organiser.
- Parfois renoncer.
- Parfois oser.
- Et continuer à avancer malgré les imprévus inhérents à tout chantier.
Pendant toute l’immersion, nous vous accompagnons donc avec deux regards complémentaires.
L’autre accompagne la personne qui le porte.
Notre objectif n’est pas de décider à votre place.
Il est de vous permettre de repartir plus éclairé, plus autonome et plus confiant dans votre capacité à faire les choix adaptés à votre propre projet.
Car les bonnes rénovations ne commencent pas par une technique.
Elles commencent par un regard juste.
Envie de l’expérimenter plutôt que simplement le lire ?
Nous ouvrons les portes des 3 Cerisiers pour deux journées en petit groupe, au cœur de notre chantier de rénovation.
Vous pourrez observer la maison mise à nu, comprendre certains choix réalisés, expérimenter concrètement le travail de la chaux et surtout prendre du recul sur votre propre projet avec nos deux regards complémentaires.
Vous avez un projet de rénovation de maison ancienne? Avez vous pensé à adapter les travaux à la maison ancienne que vous souhaitez rénover ?


